Le véritable savon de Marseille ne contient que quatre ingrédients : huile végétale, soude, eau et sel.
Pourtant, de nombreux produits affichent fièrement l’appellation « savon de Marseille » sans respecter cette recette ancestrale. Apprenez à décrypter les étiquettes et reconnaître un véritable savon traditionnel de Provence.
Les ingrédients du véritable savon de Marseille
La composition du savon de Marseille authentique repose sur une formule définie depuis l’édit de Colbert en 1688. Cette recette historique interdit l’utilisation de graisses animales et impose une extrême simplicité.
Les 4 ingrédients de la recette traditionnelle
Un savon de Marseille traditionnel contient exclusivement :
- Des huiles végétales pures : huile d’olive, huile de coprah (coco) ou huile de palme. Certains fabricants utilisent aussi l’huile d’arachide ou de baies de laurier.
- De la soude d’origine végétale ou minérale qui permet la saponification des huiles.
- De l’eau : indispensable au processus de fabrication.
- Du sel marin, qui agit comme conservateur naturel.
La glycérine apparaît naturellement comme sous-produit de la saponification. Vous pouvez donc la trouver sur l’étiquette sans que cela remette en cause l’authenticité du savon.
Sur une liste INCI (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques), voici ce que vous devez lire : Sodium olivate, Aqua, Sodium cocoate, Sodium chloride, Sodium hydroxide. Aucun autre ingrédient ne doit y figurer.
Quelle est la signification du « 72% d’huiles végétales » ?
Ce chiffre indique la concentration minimale d’huiles végétales dans le savon fini. Plus elle est élevée, plus le savon est naturel, doux et nourrissant pour la peau.
Les cubes traditionnels de savon de Marseille affichent ce chiffre comme gage d’authenticité. Les savons industriels, eux, contiennent souvent moins de 50 % d’huiles et ajoutent des agents de remplissage ou des additifs.
Comment reconnaître un authentique savon de Marseille ?

Face à la profusion de produits portant l’appellation « savon de Marseille », trois critères sont à vérifier systématiquement avant l’achat.
Les 3 critères officiels de certification
Un véritable savon de Marseille doit obligatoirement :
- Être fabriqué selon le procédé marseillais : saponification et cuisson au chaudron, sans machines industrielles rapides.
- Provenir du département des Bouches-du-Rhône : c’est une exigence géographique stricte, même si le savon est de qualité similaire ailleurs.
- Contenir exclusivement des matières premières d’origine végétale : zéro graisse animale, conformément à la tradition historique.
Ces trois critères sont cumulatifs. S’il en manque un, le savon n’est pas authentique.
Comment lire l’étiquette INCI pour vérifier la composition ?
- Comptez les ingrédients. Un savon authentique en contient au maximum sept. Au-delà, il s’agit probablement d’un produit industriel.
- Vérifiez l’absence de substances artificielles comme les parfums (même « naturels »), les colorants synthétiques, les conservateurs chimiques (parabènes, phénoxyéthanol) ou les agents moussants additionnels.
- Observez l’odeur : un vrai savon de Marseille sent peu ou a une légère odeur alcaline. Si vous détectez des fragrances de lavande ou de jasmin, il contient des parfums ajoutés.
Pour aller plus loin dans votre démarche de produits ménagers naturels, je vous invite à découvrir ma recette de liquide vaisselle maison au savon noir, qui partage la même philosophie de simplicité.
Le procédé de fabrication marseillais traditionnel
La différence entre un savon authentique et un produit industriel réside dans son processus de fabrication en cinq étapes, étalé sur plusieurs jours.
Tout commence par l’empâtage. Les huiles végétales et la soude sont mélangées et chauffées dans un grand chaudron, amorçant la saponification.
Vient ensuite le relargage. On ajoute du sel marin pour séparer le savon de l’eau glycérinée. Le savon précipite naturellement, tandis que la soude reste en suspension.
La cuisson se prolonge pendant plusieurs heures à température contrôlée. Cette étape lente assure la transformation complète des huiles et l’élimination des résidus de soude caustique.
Le lavage s’effectue avec de l’eau salée saturée (360 grammes de sel par litre). Cette opération nettoie le savon de toute soude excédentaire. La pâte est ensuite rendue fluide pour être coulée.
Enfin, le savon est versé dans des moules, séché naturellement, découpé en cubes puis estampillé. Ce processus artisanal dure entre cinq et sept jours, contre quelques heures seulement pour les savons synthétiques.
Cette lenteur n’est pas un défaut. Elle préserve les propriétés naturelles des huiles végétales et garantit un produit biodégradable à 100%.
Savon de Marseille solide vs liquide

Seul le savon solide respecte la définition traditionnelle du savon de Marseille. Les versions liquides vendues en magasin n’ont pas de reconnaissance officielle.
Cette distinction n’est pas anodine. Le savon liquide contient entre 40 et 70% d’eau, contre seulement 15 à 25% pour le cube solide. Cette dilution importante modifie la concentration en principes actifs.
Qui dit plus d’eau dit aussi risque de prolifération bactérienne, d’où l’ajout fréquent de conservateurs dans les savons liquides.
Si vous optez malgré tout pour un format liquide, vérifiez la mention « 72% d’huiles végétales » et l’origine provençale. Examinez aussi la liste INCI pour débusquer d’éventuels tensioactifs synthétiques ou additifs.
Pour un usage quotidien plus pratique, vous pouvez aussi vous intéresser au savon noir mou, dont la texture semi-liquide reste fidèle aux procédés traditionnels.
Les huiles végétales autorisées et leurs propriétés
La tradition reconnaît cinq huiles principales, chacune apportant des qualités spécifiques :
L’huile d’olive (sodium olivate sur l’étiquette) constitue l’ingrédient historique. Elle produit un savon doux, nourrissant et adapté aux peaux sensibles. Les cubes à base d’huile d’olive arborent une teinte beige ou crème.
L’huile de coprah (sodium cocoate) améliore le pouvoir moussant du savon. Elle crée une mousse fine et légère qui rince facilement. Cette huile donne des savons de couleur blanche.
L’huile de palme (sodium palmate) apporte de la dureté au savon et prolonge sa durée de vie. Toutefois, son utilisation soulève des questions écologiques. De plus en plus de savonneries provençales l’abandonnent au profit d’alternatives durables.
L’huile d’arachide et l’huile de baies de laurier complètent cette liste. Cette dernière, utilisée dans le savon d’Alep, confère des propriétés purifiantes et une teinte verdâtre naturelle.
La couleur de votre savon vous renseigne donc sur sa composition.
